Qu’est-ce que Syndrome des jambes sans repos ?
Le syndrome des jambes sans repos (SJSR, ou maladie de Willis-Ekbom) provoque des sensations désagréables et difficiles à décrire dans les jambes, associées à un besoin presque irrésistible de les bouger. Les patients parlent de « fourmis », de « décharges », de « tiraillements » ou de « démangeaisons dans les os ». Les symptômes apparaissent au repos, surtout le soir et la nuit, et sont temporairement soulagés par la marche ou le mouvement.
Le SJSR est fréquent et touche davantage les femmes. Des modifications du système dopaminergique du cerveau et une carence en fer cérébrale jouent un rôle central. Il existe souvent une composante familiale, surtout lorsque le début est précoce.
Le SJSR est plus fréquent — ou déclenché — en cas de carence en fer, de grossesse (surtout au troisième trimestre), d’insuffisance rénale et de dialyse, de neuropathie périphérique et avec certains médicaments (certains antidépresseurs, antihistaminiques et antinauséeux). La plupart des personnes atteintes ont aussi des mouvements périodiques des jambes — des secousses répétées pendant le sommeil.
Mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil
La plupart des personnes atteintes de SJSR présentent, pendant le sommeil, des mouvements involontaires des jambes toutes les 20 à 40 secondes — une flexion de la cheville et du genou. Elles ne les ressentent généralement pas, mais ces mouvements fragmentent le sommeil, rendant celui-ci non réparateur et entraînant une fatigue diurne. Le conjoint remarque souvent des coups de pied la nuit. Ces mouvements sont mesurés par la polysomnographie.
Symptômes
- Sensations désagréables dans les jambes (parfois les bras) avec besoin de bouger
- Symptômes apparaissant en position assise ou allongée
- Soulagement temporaire par la marche, les étirements ou le massage
- Nette aggravation le soir et la nuit, amélioration le matin
- Difficultés d’endormissement et réveils fréquents
- Secousses des jambes pendant le sommeil remarquées par le conjoint
- Difficulté à rester assis longtemps en voyage, au cinéma ou en réunion
- Fatigue et somnolence dans la journée
Quand consulter un neurologue ?
Une évaluation est recommandée si ces symptômes surviennent plusieurs fois par semaine, perturbent le sommeil ou altèrent la qualité de vie — en particulier si :
- Les symptômes sont apparus ou se sont aggravés pendant la grossesse
- Vous avez une maladie rénale ou êtes dialysé
- Vous avez une anémie par carence en fer ou donnez souvent votre sang
- Un traitement efficace déclenche désormais les symptômes plus tôt dans la journée ou ils s’étendent aux bras (augmentation)
- L’agitation des jambes s’accompagne d’engourdissements et de brûlures des pieds (neuropathie possible)
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Le SJSR se diagnostique principalement à partir de votre description, en recherchant quatre critères clés : besoin de bouger les jambes, apparition ou aggravation au repos, soulagement par le mouvement et aggravation le soir et la nuit. Les affections qui peuvent lui ressembler — crampes, varices, douleurs articulaires et neuropathie — sont écartées à l’examen.
- Analyses de sang : ferritine (réserves en fer), fer sérique, saturation de la transferrine, numération, fonction rénale, B12, folates, thyroïde et glycémie
- EMG : en cas d’engourdissement et de brûlures des pieds évoquant une neuropathie
- Polysomnographie : si le diagnostic est incertain, pour mesurer les mouvements périodiques et leur effet sur le sommeil, ou en cas de suspicion d’apnée
La ferritine est particulièrement importante : certaines valeurs considérées comme « normales » dans les bilans courants sont trop basses pour les personnes atteintes de SJSR.
Affections aux sensations proches
- Crampes nocturnes : contraction douloureuse soudaine, soulagée par l’étirement, sans besoin de bouger
- Neuropathie périphérique : brûlures et engourdissement persistant aussi le jour et non soulagés par le mouvement
- Varices et troubles circulatoires : lourdeur aggravée en station debout
- Douleurs articulaires : aggravées par le mouvement, soulagées par le repos
- Inconfort positionnel : disparaît complètement en changeant de position
Quel traitement ?
Corriger une carence en fer
Si la ferritine est basse, la première étape est un apport en fer — par voie orale ou, si nécessaire, par voie intraveineuse. Chez beaucoup de personnes, les symptômes s’améliorent nettement une fois les réserves reconstituées.
Mesures non médicamenteuses
- Horaires de sommeil réguliers et sommeil suffisant
- Éviter la caféine, l’alcool et le tabac le soir
- Activité physique modérée régulière et étirements des jambes avant le coucher
- Révision des médicaments pouvant aggraver les symptômes
- Activité intellectuelle le soir (mots croisés, lecture)
- Douche chaude ou massage des jambes
Médicaments
En cas de symptômes fréquents altérant la qualité de vie, des médicaments sont utilisés. Aujourd’hui, on privilégie souvent en première intention les médicaments qui diminuent l’hyperexcitabilité nerveuse (ligands alpha-2-delta). Les médicaments agissant sur le système dopaminergique sont aussi efficaces mais peuvent, au long cours, provoquer une augmentation — un début plus précoce et une aggravation des symptômes — ; ils sont donc utilisés à faible dose et avec prudence. Dans les cas difficiles, d’autres classes de médicaments peuvent être ajoutées.
Durée du traitement et séjour à Istanbul
La première consultation dure 30 à 45 minutes ; la prise de sang peut se faire le jour même. Si un examen du sommeil est nécessaire, une nuit est prévue. L’effet du fer s’évalue sur des semaines à des mois, celui des médicaments en général en quelques jours à semaines.
Pour les patients venant de l’étranger, la consultation, les analyses et éventuellement l’examen du sommeil tiennent en 1 à 2 jours à Istanbul ; les résultats et ajustements de doses se discutent ensuite en ligne.
Suivi après le traitement
- La ferritine est contrôlée périodiquement
- Notez l’heure de début et l’intensité des symptômes ; un début plus précoce ou une extension aux bras peut signaler une augmentation
- Informez tout médecin qui vous prescrit un nouveau médicament de votre SJSR
- En cas de projet de grossesse, revoyez vos médicaments à l’avance
Risques et points de vigilance
Le SJSR ne menace pas la vie, mais en perturbant le sommeil il peut entraîner fatigue diurne, baisse de moral et altération de la qualité de vie. Les médicaments peuvent provoquer somnolence, vertiges, nausées ou prise de poids. Les médicaments dopaminergiques au long cours peuvent entraîner une augmentation et, rarement, des troubles du contrôle des impulsions (achats compulsifs, jeux d’argent) ; un suivi régulier est donc important. Le fer intraveineux peut rarement provoquer des réactions allergiques.
Questions fréquentes : Syndrome des jambes sans repos
Pourquoi le syndrome est-il plus fort le soir ?
Les symptômes suivent l’horloge biologique et augmentent le soir et la nuit. Les variations quotidiennes de la dopamine et du fer cérébral jouent un rôle, tout comme le fait de rester assis ou allongé sans bouger le soir.
Une carence en fer peut-elle provoquer des jambes sans repos ?
Oui. La carence en fer est l’un des principaux facteurs déclenchants. Même sans anémie, une ferritine basse peut aggraver les symptômes ; le statut en fer est donc vérifié chez toutes les personnes atteintes.
Le SJSR est-il fréquent pendant la grossesse ?
Oui, surtout au troisième trimestre, et il disparaît généralement après l’accouchement. Le statut en fer est vérifié et le traitement planifié avec des méthodes compatibles avec la grossesse, en lien avec la sage-femme ou le gynécologue.
Le syndrome est-il définitif ?
S’il est dû à une carence en fer, à la grossesse ou à un médicament, il peut disparaître une fois la cause corrigée. Dans les formes familiales ou sans cause, il peut durer, mais les symptômes peuvent être contrôlés.
Le café et l’alcool aggravent-ils les symptômes ?
Oui. La caféine, l’alcool et le tabac aggravent les symptômes chez beaucoup de personnes, surtout le soir.
Mon traitement ne marche plus. Que faire ?
Si les symptômes commencent plus tôt, deviennent plus forts ou s’étendent aux bras, il peut s’agir d’une augmentation. N’augmentez pas la dose vous-même ; consultez. Le traitement peut être modifié et le statut en fer recontrôlé.
L’exercice aide-t-il ?
Une activité modérée régulière aide beaucoup de personnes, mais un exercice intense juste avant le coucher peut aggraver les symptômes. La marche, la natation et les étirements sont généralement bien tolérés.
Les enfants peuvent-ils avoir des jambes sans repos ?
Oui. Chez l’enfant, il est parfois confondu avec des « douleurs de croissance » ou des troubles de l’attention. En cas d’antécédents familiaux et de troubles du sommeil avec inconfort des jambes le soir, une évaluation est utile.
Pourquoi le SJSR est-il si fréquent chez les dialysés ?
L’insuffisance rénale entraîne carence en fer, anémie et modifications métaboliques qui favorisent le SJSR. Chez les dialysés, la correction du fer et le choix de médicaments adaptés à la fonction rénale sont particulièrement importants.
Le magnésium est-il utile ?
L’efficacité du magnésium dans le SJSR n’est pas démontrée. Il est plus important de vérifier et corriger une carence en fer et d’éviter les facteurs aggravants.
Puis-je faire de longs voyages en avion ?
Oui. Choisissez si possible une place côté couloir, levez-vous régulièrement, étirez vos jambes et évitez alcool et caféine. En cas de symptômes importants, la prise des médicaments peut être adaptée au voyage.
Les informations de cette page sont générales et ne remplacent pas une consultation médicale. Pour un diagnostic et un traitement, consultez un médecin. Les résultats des traitements varient d’une personne à l’autre.

